Là où le regard se pose !

Exposition du 12/09/2021 au 3/10/2021

EMMELIE ADILON/MARIE-AGNES CHARPIN

Là ou le regard se pose.

« Il y a toujours eu du regard là-derrière.

Mais - c’est là le point le plus subtil - ce regard, d’où vient-il ? »J. Lacan

Qu’est-ce que voir ? Qu’est-ce qui fait que je regarde et non seulement que je vois ? Qu’est-ce que je regarde et pas seulement que je regarde ce que je vois et qui s’impose à moi ? Ce qui tombe sous mes yeux ! Le regard est-il une question d’œil ? S’il n’est pas une question d’œil, il est une manière d’approcher le réel ! Une manière de rendre visible l’invisible ! On peut regarder sous différents angles. On peut dissocier la vue et le regard. Le second étant plus subjectif,  il est donc  un regard sans œil ! Celui qui revêt la forme de la pensée, d’une idée, d’une réflexion et d’une poésie certaine. L’œuvre n’explicite aucun regard. Elle ne fait qu’indiquer, vectoriellement, le regard que l’artiste porte sur le monde.

 

Le regard n’est pas une fonction visuelle selon Merleau Ponty ! Il est considéré comme l’invisible qui hante le visible. Un invisible qui provient du monde du sujet - l’artiste - et qui ouvre l’espace de la visibilité. Comme l’œuvre ! Face à une œuvre, le spectateur est regardé sans qu’il s’en aperçoive ! Le regard est ce qui de l’œuvre revient sur le spectateur lui-même et le fait être regardé. Par conséquent un dialogue se crée entre l’œuvre et le spectateur ainsi qu’entre l’acte de regarder et le fait d’être regardé. Mais l’œuvre ne donne rien à voir ! Elle convoque quelque chose qui est au delà de ce que l’on demande à voir ! Elle est un écran, un lieu de médiation qui relie le plan du sujet, le plan du regard et le plan de l’Autre. Il convient de vivre l’œuvre comme une expérience relevant du champ de la perception. 

 

Rendre visible l’invisible revient à matérialiser et à incarner de façon palpable des données immatérielles, d’intégrer une perception particulière à l’artiste qui est transposée dans l’œuvre. Un regard unique  placé au dessus de tout comme une sorte de troisième œil, purement mental. Un regard révélateur d’un monde propre à l’artiste. 

Entre en jeu le regard du spectateur. Poser le regard ! Observer, contempler, capter, appréhender, s’approprier,  saisir l’insaisissable, montrer l’invisible, toucher le sensible, donner à voir ce qui nous retient, ce qui s’offre à soi…Autant d’activités de l’esprit qui identifient le lien entre moi, vous et nous avec pour seule preuve tangible, l’image ! L’œuvre ! Cette fenêtre avec vue sur l’intérieur et l’extérieur ! Regarder, voir, percevoir sont trois concepts phénoménologiques spécifiques qui rendent possible la conscience de l’être et des choses. Alors,  il ne reste plus qu’à se laisser porter là où le regard se pose ! 

Marie-Agnès Charpin

2021

 

30+1 

Exposition du 23 octobre au 4 décembre 2021


Emmélie ADILON, Natacha BALUTEAU, Pierrette BLOCH, Claire BORDE, Arièle BONZON,  Gaele BRAUN, Marie-Agnès CHARPIN, Rosalinde CHARPIN GIRARD, Matt COCO, DEMETER, Lisa DUROUX, Frédérique FLEURY, Christelle FRANC, Marcia HAFIF, Charlotte HERBEN, Noémie HUARD, Alison KNOWLES, Perrine LACROIX, Maïté MARRA, Vera MOLNAR, Muriel MOREAU, Tania MOURAUD, Aurélie NEMOURS, Louise NEVELSON, Marta NIJHUIS, Françoise PETROVITCH, Annick PICCHIO, Marie-Françoise PROST-MANILLIER, Sophie RISTELHUEBER, Julie SORREL, Dominique TORRENTE.



30+1

 

Muses ou modèles, mécènes, commanditaires et collectionneuses ou amatrices éclairées, les femmes ont toujours eu leur rôle à jouer. Pourtant,  il leur a été difficile de revendiquer une place légitime en tant qu’artistes pendant de nombreuses années. Sans adopter de point de vue politique, ni de classement stéréotypé, l’exposition est consacrée aux artistes femmes. Mais pas seulement. Derrière cette expression qui renvoie à un fait sociologique relativement récent, se cachent autant d’approches et d’identités artistiques, de possibilités d’expression qu’il y a d’artistes.

 

Abstraite, figurative, conceptuelle, minimale, radicale, objective, informelle, narrative… l’exposition propose des parcours multiples qui ne peuvent être soumis à une seule catégorie. Photographes, peintres, sculptrices, installatrices, pluridisciplinaires, pionnières du digital… autant d’artistes qui développent et renouvellent des recherches qui constituent un espace libre d’enjeux et d’affirmation d’une identité créative et distinctive. Des espaces où la singularité est une valeur importante et où se définit la spécificité de l’œuvre. 

 

L’identité et en particulier ce qui singularise l’artiste et sa démarche sont le propos de l’exposition. Il ne s’agit pas d’aborder la reconnaissance par les pairs et autres professionnels des milieux de l’art, ni celle des institutions bien que cela soit fondamental pour acquérir une réputation mais plutôt celle de la construction d’une identité artistique. Il est question de montrer différentes formes plastiques sous lesquelles les artistes exercent leurs activités et à travers lesquelles elles sont identifiées. Ce qui effectivement permet d’asseoir une reconnaissance voire une renommée qui sont des particularités importantes de la profession. 

 

Être authentique, savoir et maitriser ce que l’on transmet est le fondement de la démarche. L’exploration de soi s’avère essentielle et participe fortement à l’élaboration identitaire de l’artiste et par conséquent de l’œuvre. A la condition de faire preuve de sincérité, de croyance et d’engagement dans sa pratique. Dans ce cas et nul doute, la distinction est de mise. Quels que soient le chemin emprunté et le temps pour y accéder, il convient de mentionner que l’argument de la singularité met en exergue l’unicité, l’authenticité, l’originalité voire le caractère innovateur des propositions ou des œuvres. Cela légitime une identification individuelle et la différence, même s’il y a une appartenance à une famille ou à un mouvement. 

 

Trente artistes femmes et une adolescente, émergentes ou reconnues qui s’inscrivent dans l’histoire de l’art ou pas, sont réunies pour cette exposition. Trente et une artistes de divers horizons artistiques, géographiques et de différentes générations incarnent cette édition. Chacune se distingue les unes des autres par ses œuvres qui sont le reflet d’une détermination certaine et audacieuse. Chacune pointe du doigt une parcelle du monde ! Chaque œuvre laisse transparaitre la perception d’une valeur propre. Une œuvre qui établit le lien avec l’artiste et ses expériences vécues. Ce sont ces expériences qui constituent les champs de l’histoire personnelle et la manière dont elles sont perçues qui forgent l’identité. Selon les domaines artistiques, l’œuvre est une des conditions favorables, mais aussi une variante, pour rendre visible l’identité créative, et ce quels que soient la génération, la multitude d’obstacles et l’environnement dans lesquels évolue l’artiste. 

 

L’exposition «30+1» présente uniquement des œuvres d’artistes femmes. C’est un parti pris dont la volonté n’est ni de démontrer qu’il existe un art féminin, ni de produire un objet féministe mais de signifier que l’art n’est pas une question de genre ou bien de catégorie. Par cette édition, il s’agit également de rendre hommage à Peggy Guggenheim, collectionneuse et amatrice d’art au regard exceptionnel qui a soutenu et représenté l’art des artistes femmes, mais surtout de proposer aux yeux du public et d’illustrer in fine, une belle histoire - d’amour - de l’art. 

 

 

Marie-Agnès Charpin
Commissaire de l’exposition
2021

 

#01 - Penser le monde.

Exposition - 12/03/2022-16/04/2022

Natacha Baluteau, Claire Borde, Frédérique Fleury, 
Frédéric Houvert, Laurent Karagueuzian, Muriel Moreau,
Lola Ripoche.

Il est toujours plus facile de faire du bon travail lorsque l'on croit en ce que l'on fait. C'est la raison pour laquelle je m'engage à aider davantage de personnes, jour après jour.

Grâce à notre expérience, notre sérieux et notre approche orientée résultat, nous avons eu la chance de travailler avec de nombreux clients d'exception.

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Penser le monde 

 

 

Peinture, dessin, gravure et sculpture sont autant d’activités dans lesquelles Natacha Baluteau, Claire Borde, Frédérique Fleury, Frédéric Houvert, Laurent Karagueuzian, Muriel Moreau et Lola Ripoche sont engagés. Chaque artiste identifie une démarche artistique reliée au concept de la nature.  Sur la toile comme sur le papier ou bien en volume, ils imposent une perception personnelle du monde. 

 

Les dessins au stylo à bille souvent rehaussés à l’encre de Natacha Baluteau s’inscrivent dans une recherche graphique et informelle. Le trait et le geste sont les éléments essentiels de l’œuvre. En laissant la main se déplacer sans retenue sur le support,  elle sonde une nature intérieure qui lui est propre.  Libérées de toutes injonctions, les œuvres sont des incantations immédiates qui envahissent la surface du papier, tout ou partie. Claire Borde puise sa réflexion au coeur d’un sujet qui lui est cher, celui de l’eau. Elle porte un regard particulier sur le caractère insaisissable de cet élément pour traduire une peinture où le rôle de l’écriture et du signe est majeur. C’est ainsi que le trait furtif et la tache spontanée fusionnent avec la couleur et le fond immaculé de la toile. Abstraite, sa peinture s’inscrit à la fois dans un registre intellectuel et émotionnel. 

Frédérique Fleury explore le syndrome de la dualité ! Le principe de la contradiction est la base de sa conduite artistique. Ses œuvres allient différents matériaux comme la céramique et le cuir, le grès et les cheveux, le textile et la porcelaine par exemple. Indéniablement, les sculptures murales ou qui se posent sont des pièces intrigantes. Souvent ambiguës, elles questionnent tant la forme que la symbolique sinon les sensations qu’elles affirment. Elles convoquent un dialogue entre force et fragilité, sensualité et douce violence. L’ambivalence caractérise la nature de la démarche de l’artiste.  Le territoire arpenté par Frédéric Houvert est celui de la peinture. Succulente, orchidée, laurus, philodendron, iris, anthurium, bégonia, phoenix …autant de sujets qui servent le motif voire l’ornement de l’œuvre. La nature, végétale et florale, est sa source de prédilection. Appropriée comme un vocabulaire pictural, elle sert de prétexte à la composition. Elle est un langage qui singularise sa recherche sinon une peinture qui se situe entre art et décoration. 

L’intérêt pour les espaces entre les feuilles des arbres est l’essence du travail de Laurent Karagueuzian. Il est sa raison de peindre. L’artiste recourt à un protocole bien établi pour construire l’œuvre : la préparation du support, les masquages qui déterminent la figure, le passage de la couleur et le décollement du ruban adhésif. Arracher l’adhésif est une étape cruciale pour dévoiler le blanc du papier qui apparaît désormais texturé et duveteux. Il est tout aussi présent que la couleur.  L’un comme l’autre rythment et composent la surface. Nommées « papiers écorchés », ses productions numérotées sont des variations en série affiliées à l’art non figuratif. Dans une parfaite maitrise de la gravure et particulièrement de l’eau-forte,  Muriel Moreau crée des images qui démontrent un univers onirique. Les estampes, souvent sérielles, sont des pensées, des réflexions à propos de la relation que l’homme entretient avec la nature. Non dénuées d’une certaine sensibilité, d’une poésie graphique, ses images évoquent des paysages imaginaires assimilés à des mondes cosmogoniques. Elles sont aussi des espaces où le firmament de la nuit brille dans leur sein. 

Lever les paupières est sans nul doute une des particularités qui définit la démarche de Lola Ripoche. Aux nuances de bleu, de gris et même de blanc, ses productions proches du sfumato, sont des captations nuageuses et non de simples retranscriptions de ciel. C’est plus complexe que cela en a l’air ! Ce sont des dessins réalisés sur l’envers de textile légèrement feutré. L’image apparaît par transparence pour donner à voir des ciels pourvus de formes vaporeuses. Chaque dessin plonge le spectateur dans un espace - temps et fait appel à la contemplation pour appréhender l’œuvre. La représentation du nuage fait référence à la peinture classique avec l’intention de tendre vers une esthétique qui se situe à la lisière de l’abstraction.   

 

La nature compte parmi les concepts les plus inspirants pour les artistes. Les poètes et les philosophes ne sont pas les seuls à s’en saisir. La nature est un sujet de réflexion très ancien qui traverse les siècles. Aujourd’hui encore, réfléchir sur la nature ou du moins tenter de se l’approprier, c’est essayer d’atteindre une - possible - réalité en agissant sur ces représentations. La nature est aussi tout ce qui existe autour de nous, c’est à dire tout ce qui entoure l’homme et qui n’est pas - encore - dans son œuvre. C’est également ce qu’une chose ou un être est fondamentalement. 

Le ciel étoilé ou nuageux, la terre, les règnes minéraux ou végétaux appartiennent à la nature. Que celle - ci nous attire, nous attriste, nous apaise, nous enchante, nous interroge…C’est encore la façon dont les artistes s’emparent de ces liens émotionnels abstraits qui nous intéressent et comment ils pensent le monde. 

 

 

Marie-Agnès Charpin 

Commissaire de l’exposition - 2022